Le temps s’est-il arrêté au commissariat de police ?

Il y a bien longtemps que je n’avais pas mis pied dans le commissariat de police de l’arrondissement de Bogodogo, mais rien ne semble y avoir bougé depuis toutes ces années. Dans bâtiments qui ne font honneur ni au travail qui y est fait, ni au gens qui y travaillent. J’en ai fait le constat cette semaine, et ce n’est pas beau.

La puanteur à l’entrée

C’est la première chose qui saute au nez quand on entre dans le commissariat : ça pue ! Je me suis tout de suite demandée : « Mais d’où vient cette odeur ? ». Elle me prend à la gorge et je suis pressée que le vent change de direction afin que mon nez ait la paix, mais rien n’y fait. Je dois attendre que les agents installés devant le petit bâtiment à l’entrée me reçoivent ; deux jeunes femmes attablées devant leurs registres. Et moi, dans ma tête : « Comment peuvent-elles supporter de travailler là toute la journée ? ».

Peu après j’ai compris avec dégoût d’où venait la puanteur. Lorsque je m’installe devant la table des jeunes femmes, mon regard est attiré vers le fond du bâtiment qui s’ouvrait devant moi. Et là je vois… non, je distingue des barreaux, des mains accrochées aux barreaux, des yeux qui me regardent… C’est la prison du commissariat ! Je baisse tout de suite le regard et j’essaie de ne pas imaginer ce qui dégage la puanteur, pendant que mon sang se glace.

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Le bâtiment au cachot. Pas de fenêtre pour les cellules, que ces petits trous vers le haut. Ca ne peut que puer…

Après inscription de ma requête, je suis dirigée vers le fond du commissariat pour la suite. En y allant je croise un jeune homme dans une tunique pourpre, qui va nonchalamment d’où je viens, à contre cœur, suivi d’un autre qui semble le surveiller. Je le dépasse et ce que je pensai arriva : il n’a pas envie de retourner dans le cachot et les policiers vont devoir l’y contraindre…

La poussière qui stagne

Le bâtiment au fond du commissariat est celui où je dois aller faire établir mon papier. Il y a plus de meubles que de gens, et plus de poussière que tout le reste ! Tous les bureaux que j’ai pu entrevoir de la salle d’attente sont poussiéreux ! C’est à croire qu’aucun balai n’est passé là depuis un jour lointain de 2015… Et je ne parle pas des toiles d’araignée qui ornent murs, portes et fenêtres.

Les agents, en tenues civile ou de police, vont et viennent et les usagers attendent dehors ou sur le seul banc disponible, sur lequel j’ai pu trouver place après avoir fait remplir mon papier.

Les agents repoussants

Dans la salle d’attente il y a aussi deux femmes attablées avec un policier en tenue, tous chargés de vérifier, tamponner et remettre aux gens leurs papiers après signature. C’est à eux que s’adressent ceux qui viennent à ce bâtiment. Et vu que c’est la période où les établissements scolaires doivent déposer les dossiers pour les concours, les élèves n’arrêtent pas de venir. On peut alors entendre le policier crier de temps en temps : « Attendez dehors ! Attendez sous l’arbre ! »

Et la plus jeune des femmes qui n’arrive pas à afficher un sourire même quand elle fait de l’ironie. Son visage n’affiche que… l’énervement, ou devrais-je dire le dédain. En plus son maquillage ne l’aide pas. Bref, l’ambiance est inquiétante. Alors que les policiers doivent veiller à la sécurité de la population, on voit ici que le commissariat, ce n’est pas rassurant du tout !

Bref, c’est un endroit où tu n’aurais pas envie de boire l’eau si on t’en sert, comme dirait ma mère. Mais les gars y mangent tranquillement leurs gâteaux ou morceaux de pain entre deux consultations. J’ai attendu, dans un coin avec toute la patience qui me restait, que mon papier soit signé, et j’étais bien contente de pouvoir partir

Expérience décourageante

Après avoir vécu ceci je me demande, non, j’espère que tous les commissariats de police du pays ne sont pas dans cet état ! Cela ne saurait en aucun cas être une situation normale, alors quelque chose ne va pas ! Comment les gens peuvent travailler dans des conditions pareilles ? Qui occasionne ces conditions ? Qui doit les réparer ?

Cela dit il n’y a pas beaucoup d’espoir que ça change. Il n’y a qu’à faire un tour dans quelques administrations de Ouagadougou (le bâtiment des ministères de l’enseignement et de l’éducation, le ministère de la communication…) pour voir que la vétusté et l’insalubrité ne sont pas choses rares pour nos fonctionnaires. C’est sale, ça pue et ce n’est ni accueillant ni valorisant. Il faut pourtant que ça change !

Avez-vous déjà eu la même expérience? Voulez-vous en savoir plus? Votre avis? Laissez un commentaire en bas…
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