« Et si je les tuais tous, madame » : la vie au détour d’un braquage verbal

« Et si je les tuais tous, madame » est une pièce d’Aristide Tarnagda, auteur et metteur en scène Burkinabè qui se joue en une cinquantaine de minutes. Dans cette mise en scène de l’histoire dépeinte dans un livre, l’auteur dépeint un personnage jeune, expatrié, dont l’esprit est tenaillé par de nombreuses interrogations.

Ceci est mon premier essai de critique théâtrale, que je laisse à votre appréciation. N’hésitez pas à mettre en commentaire vos amendements et critiques aussi, pour que les prochaines livraisons soient meilleures….

L’histoire se passe à un feu tricolore en pleine ville européenne, où une dame au volant de sa voiture s’arrête au feu rouge et se retrouve face au jeune expatrié. Quel homme ! Il est élégamment vêtu d’un costume mais est-il normal avec ses cheveux en bataille et ses yeux qui se révulsent? Sa voix dont le ton monte et descend, et le rythme passe de la normale à l’accélérée comme si quelqu’un jouait avec les boutons de la télécommande du magnétoscope qui lit le film ! Que veut le vibrant Lamine à la dame ? Celle-ci est alors bouche bée, prise dans le tourbillon de mots que débite l’homme, dont la posture et la violence de l’expression jettent le doute sur l’issue de la rencontre.

Et si je les tuais tous, madame)

A travers « Et si je les tuais tous madame », Aristide Tarnagda tente de réaliser l’expression ‘’voir sa vie défiler devant ses yeux’’. En effet il passe en revue la condition du jeune Africain immigré en Europe, les difficultés de sa vie quotidienne, son tiraillement entre l’envie de partir et celle de rester, son combat pour survivre dans un monde où tout va contre lui… Dans la mise en scène, Madame n’apparaît pas, tandis que Lamine est décliné en quatre acteurs presque parfaits dans leurs rôles. Quatre hommes en un comme pour démontré le tourbillon qui habite son esprit. Simultanément et aussi à tour de rôle ils donnent de la voix, de la gestuelle, et ces regards tellement expressifs qu’on a du mal à s’en défaire. Les textes parfaitement maîtrisés par Lamine Diarra et Salif Ouédraogo, entrecoupé par les chants de Bonssa Hamidou et David Malgoubri et souligné par les mélodies tantôt mélancolique et tantôt entrainante de la guitare et du kundé ne laissent aucun répit au spectateur.

Avant que ce feu rouge, tellement long mais dont la brièveté nous surprend finalement, ne repasse au vert, nous nous sentons d’abord comme dans un asile de fous, face à ce décor que le scénographe Charles Ouittin a voulu pauvre mais suffisant. Et au fur et à mesure que la lumière, tout aussi pauvre, créée par Mohamed Kabore éclairait la scène, et que la vie s’y accélérait, notre admiration a été forcée par le rendu du travail que laisse entrevoir la synchronisation des éléments de la pièce. Elle ne dure pas c’est vrai, mais nous n’avons surement pas perdu notre temps.

Stella
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4 commentaires sur “« Et si je les tuais tous, madame » : la vie au détour d’un braquage verbal

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